La droite s’oppose depuis longtemps à la démocratisation des études supérieures La droite veut casser le service public d’enseignement supérieur et de recherche. Pour mettre en œuvre ce projet, elle organise le désengagement financier de l’Etat, met en concurrence les universités, veut autoriser la sélection à l’entrée de l’université et entre les cycles, et défend une augmentation des frais d’inscription. A de nombreuses occasions, la droite s’est essayée au passage en force. En 1986, le ministre Devaquet proposait une réforme des universités qui intégrait la mise en place d’une sélection à l’université. La mobilisation étudiante et la mort de Malek Oussekine ont poussé le gouvernement au retrait de son projet. En 2003, Luc Ferry, alors ministre de l’éducation, a proposé également une réforme dite de « modernisation » des universités. En vérité, il s’agissait de renforcer l’autonomie des universités, en incluant notamment des possibilités statutaires nouvelles autorisant certains établissements à sélectionner leurs étudiants. Le spectre d’une mobilisation d’ampleur de la jeunesse a poussé Jacques Chirac a renoncé à la réforme, après que quelques assemblées générales aient voté la grève dans certaines universités. La droite bute donc régulièrement sur le mouvement social et la jeunesse pour parvenir à ses fins. Néanmoins, la stratégie entreprise depuis quelques années vise à détricoter progressivement le service public d’enseignement supérieur et de recherche, sans en passer par des mesures brutales.